Le livre en danger : les éditeurs suisses tirent la sonnette d’alarme
Une réforme du Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) pourrait fragiliser durablement la publication des ouvrages en sciences humaines et sociales. Éditeurs, éditrices, chercheuses et chercheurs se mobilisent pour défendre un outil essentiel à la diffusion des savoirs.
À partir de 2027, publier un livre scientifique en Suisse pourrait devenir beaucoup plus difficile. Le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) prévoit de réduire de 20 % son soutien à la publication et de limiter fortement les ouvrages pouvant bénéficier d’un financement.
Concrètement, seuls les livres directement issus d’une thèse, d’une habilitation ou d’un projet financé par le FNS resteraient éligibles. Une décision qui inquiète les maisons d’édition spécialisées, pour lesquelles ces aides sont indispensables à la publication d’ouvrages de qualité en sciences humaines et sociales.
Car loin d’être dépassé, le livre demeure un format central pour transmettre la recherche. Il permet de développer des analyses approfondies, de mettre en perspective des travaux complexes et de rendre les connaissances accessibles bien au-delà du monde académique.
Les conséquences pourraient être importantes : moins d’opportunités de publication pour les jeunes chercheurs, une pression accrue sur les éditeurs suisses et un risque de dépendance renforcée envers les grands groupes internationaux. À terme, c’est aussi l’accès du public à une recherche largement financée par des fonds publics qui pourrait être réduit.
Face à cette situation, les éditeurs scientifiques suisses ont lancé une pétition. Leur objectif : préserver des conditions de publication équitables pour les sciences humaines et sociales, garantir l’accès ouvert aux résultats de la recherche et maintenir une diversité éditoriale essentielle à la vitalité intellectuelle du pays.
Une mobilisation qui rappelle que derrière chaque livre de recherche se joue aussi la circulation des idées dans l’espace public.
Pour soutenir la pétition, signez la ici.