Aimeric Vacher 10 mai 2025 de 15h15 à 16h15
Planche(s) à découper : quand la censure taille dans la BD
Depuis ses origines au XIXe siècle, la bande dessinée est autant un espace de liberté d’expression qu’un terrain de jeu pour la censure. Cette conférence explore l’histoire des restrictions imposées à la BD, en mettant en lumière des moments clés de cette surveillance graphique.
Dès 1831, la célèbre caricature en tête de poire de Louis-Philippe par Charles Philipon illustre la puissance de l’image satirique et la crainte qu’elle inspire aux autorités. Ce dessin, pourtant simple, déclenche une répression féroce, annonçant les futures batailles entre créateurs et censeurs.
En France, la loi du 16 juillet 1948, visant à protéger la jeunesse de l’influence des comics américains, impose des restrictions sévères à la bande dessinée, accusée de corrompre l’esprit des enfants. Les comics justement … De l’autre côté de l’Atlantique, en 1954, le Comics Code Authority naît dans un contexte de paranoïa anticommuniste et de panique morale, bannissant le crime, l’horreur et toute remise en cause de l’ordre établi. Cette réglementation marque durablement l’industrie américaine, bridant des auteurs et éditeurs pendant des décennies.
La BD est-elle mieux lotie aujourd’hui ? Alors que la censure semblait s’effacer, de nouvelles formes de contrôle émergent. Aux États-Unis, les polémiques autour de certaines œuvres graphiques jugées trop politiques ou trop inclusives rappellent que la BD reste un miroir des tensions sociales. Entre pressions éditoriales, lois restrictives et autocensure, les artistes doivent encore composer avec des limites fluctuantes.
En retraçant cette histoire, cette conférence met en évidence les rapports complexes entre liberté d’expression, pouvoir et bande dessinée, un art toujours sous surveillance.
© Liza Donnelly, Washington Post
Lieu
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Maison de Quartier Sous-Gare - Espace rencontres