Les milieux culturels romands apportent leur soutien clair et déterminé à la SSR et appellent à voter NON à l’initiative « 200 francs ça suffit ! » le 8 mars prochain
La RTS/SSR constitue un pilier indispensable de la création, de la diffusion et de la promotion culturelles en Suisse : elle rend visible la richesse de nos expressions artistiques, soutient des projets nationaux et régionaux, et crée des espaces de dialogue qui dépassent les seules logiques commerciales.
Réduire les moyens de la SSR menace directement:
1. La promotion de la diversité culturelle
Une part conséquente de la programmation – environ 14 % à la télévision et 5 % à la radio – est consacrée à des contenus culturels, critiques, exploratoires et historiques, qui nourrissent notre imaginaire commun. Cela représente 17% des dépenses de la SSR. Elle fait ainsi vivre la tradition culturelle en Suisse: de la musique folklorique au jazz, du ballet au stand up d’humour, du thriller au festival de bande dessinée.
2. La visibilité pour les événements et acteurs culturels
Que ce soit des festivals, des concerts, des expositions, des carnavals ou des manifestations littéraires, la couverture médiatique fournie par la SSR contribue à faire connaître ces événements partout en Suisse. Cela donne une visibilité incomparable aux artistes et aux structures culturelles, qui ne peuvent pas atteindre un public aussi large uniquement avec des moyens privés et souffrent de l’appauvrissement en marche de la presse écrite.
3. Le soutien direct à la création audiovisuelle suisse
Grâce au Pacte de l’audiovisuel, la SSR investit des dizaines de millions de francs chaque année dans la production cinématographique et télévisuelle suisses, coproduisant des séries, des films et des documentaires qui racontent notre réalité et qui n’auraient pas pu voir le jour sans ce financement public. Ces coproductions favorisent l’emploi artistique et technique, renforcent l’industrie culturelle locale et soutiennent l’économie locale dans les lieux de tournage.
4. Le maintien d’une production médiatique francophone forte
Dans un pays plurilingue comme le nôtre, il est essentiel d’avoir des médias qui produisent et diffusent des contenus en français, reflétant notre réalité culturelle et linguistique. Sans un financement solide du service public, ces programmes risquent d’être drastiquement réduits et de se résumer à des (mauvaises) traductions de contenus suisses allemands, sans place pour la culture locale et régionale.
5. La cohésion nationale et la diversité d’expression
La SSR est la seule institution médiatique qui couvre l’ensemble du pays dans les quatre langues nationales et qui favorise la cohésion socio-culturelle et le dialogue entre régions et communautés.
En cette période où la culture connaît déjà des pressions budgétaires, nous affirmons que nous devons penser les médias publics comme un investissement stratégique. Ce n’est pas un luxe, mais au cœur de l’identité suisse, de sa diversité, de sa créativité et de son rayonnement.
Pour toutes ces raisons, nous, acteurs et actrices des milieux culturels romands, appelons à voter NON à l’initiative « 200 francs ça suffit »
Signataires
Jean-Yves Cavin, co-directeur Cully Jazz Festival, Cully (VD)
Léonore Porchet, co-directrice BDFIL, Lausanne (VD)
Gaëlle Kovaliv, co-directrice BDFIL, Lausanne (VD)
Mathieu Jaton, CEO Montreux Jazz Festival, Montreux (VD)
Brigitte Romanens-Deville, directrice Théâtre Le Reflet, Vevey (VD)
Vincent Baudriller, directeur Théâtre Vidy, Lausanne (VD)
Kylie Walters, directrice Théâtre Sévelin 36, Lausanne (VD)
Alex Iordachescu, directeur Fondation pour la Création Numérique, Lausanne (VD)
Anne Schwaller, directrice artistique Théâtre des Osses, Centre dramatique fribourgeois, Givisiez (FR)
Daniel Vuataz, directeur artistique Lectures Canap, Lausanne (VD)
Lou Colombani, directrice Pavillon ADC, Genève (GE)
Julien Annoni, directeur Usinesonore Festival, co-directeur Bellelay Musiques, Région Grand Chasseral (BE)
Léa Romanens, secrétaire générale Fri-Son, Fribourg (FR)
Pierre Smets, administrateur Fondation de la Saison culturelle de Montreux (VD)
Sandrine Kuster, directrice, Maison Saint-Gervais (GE)
Eric Devanthéry, directeur Scènes du Grütli, Genève (GE)
Diane Muller, directrice Alambics Théâtre-École, Martigny (VS)
Stefan Hort, directeur Théâtre Le Spot, Sion (VS)
Jeanne-Lucie Schmutz, directrice Saison culturelle CO2, Bulle (FR)
Dominique Meyer, directeur OCL, Lausanne (VD)
Julie Mestre, directrice des opérations OCL, Lausanne (VD)
Edgar Philippin, président OCL, Lausanne (VD)
Hélène Brunet, attachée de presse culturelle (OCL, Usinesonore), Lausanne (VD)
Gilles Dupuis, directeur JazzOnze+ Festival et Jumeaux Jazz Club, Lausanne (VD)
Emilie Bujès, directrice artistique Visions du Réel, Nyon (VD)
Patrick de Rham, directeur Arsenic, Lausanne (VD)
Albane Dunand Schlechten, directrice Fondation cma, Nyon (VD)
Swiss Comics Artists Association (SCAA)
Martine Chalverat, directrice Festival de la Cité, Lausanne (VD)
Antonin Rousseau, directeur Festi’neuch, Neuchâtel, (NE)
Julie Biermann, directrice Théâtre de la Tournelle, Orbe (VD)
Damien Frei, direction Le Castrum, Yverdon-les-Bains (VD)
Association Jolie Vue Festival, St-Saphorin (VD)
Priscille Alber, directrice Voix de Fête, Genève (GE)